Ahamada Smis

Biographie

Musicalement Ahamada Smis est né dans la culture hip-hop, baignant dès le début des années 90 à Marseille dans la même vague bouillonnante qui révéla IAM,  Fonky Family ou 3ème Oeil. Mais il complète cette aventure d’une quête vers ses racines comoriennes et africaines.

Au début des années 90, au cœur du collectif hip-hop Colored Boys, Ahamada colore, de scène en scène, les débuts de la scène rap marseillaise.

En 92, il laisse refroidir le micro pour se former au métier de menuisier aluminium. En 98 il revient pleinement à la musique, adopte la voie du slam et passe des jours et des nuits à forger sa plume et à en tester les fruits en première partie de ses amis de 3ème Œil.

En 2002, il choisit l’indépendance, crée le label Colombe Records et y égrène ses premières perles hip-hop teintées d’ailleurs acoustiques. Il y a d’abord le single Gouttes d’eau, puis, l’année suivante l’EP Où va ce monde ?. En 2004, Pour s’armer davantage il se forme au métier d’ingénieur du son.

Il a alors un album en tête mais il lui manque le précieux ingrédient de l’essence de ses racines. En 2006, il part à sa recherche, fait étape à Kinshasa chez Staff Benda Bilili puis aux Comores où il décortique les fruits de sa culture de naissance. Pour intégrer au mieux ses découvertes, Ahamada privilégie le travail avec des musiciens sur la seule programmation informatique qu’il pratiquait jusqu’alors. Il consacre un temps long et nécessaire à cette nouvelle approche humaine et sensible.

En 2010, son premier album Etre reflète cette recherche et ces expériences et dévoilent plus clairement les nuances de son identité. Ses amours pour le jazz, la soul, le blues et le hip hop sont amplifiés par les battements de son cœur africain.

L’année suivante une série de résidence dans l’Océan Indien (Zanzibar, Mayotte, La Réunion et Grande Comore) lui permet d’approfondir son sillon personnel. Il s’exerce, jusqu’à la maîtrise, au maniement des instruments traditionnels (gaboussi, dzenzé, ngoma, kayambe). Il affine son imaginaire et ses textes, son chant et ses compositions. D’ile en Ile, Il distille ces couleurs et celles d’une trentaine de musiciens sur les pistes de son studio mobile. Deux d’entre eux le suivent pour le spectacle ainsi conçu qu’ils joueront plus de 80 fois dans l’Océan Indien et en métropole. « Origine  voit le jour en 2013, c’est la pierre angulaire de son parcours. Cocktail unique de poésie urbaine et d’afro-ngoma  acoustique, déclinaison comorienne de l’afro-beat, cet album, l’impose tant sur l’archipel de ses ancêtres que sur la scène hexagonale, où l’Académie Charles Cros le distingue d’un « Coup de Coeur Chanson Francophone ». En parallèle il crée le spectacle « Le Vaisseau Voyageur » qui enchevêtre joutes verbales nyandous et chants soufis des Comores.

En 2016, Afrosoul renoue avec son passé hip-hop. Prises de positions politiques et poésie urbaine sont portées par des samples chargés de la puissance lyrique et rythmique de l’Océan Indien. Avec ce projet il accentue aussi la précision de son travail vocal. Après avoir suivi l’enseignement d’une spécialiste du chant lyrique, il se tourne vers Martina Catella, ethno musicologue, chanteuse, conteuse et pédagogue spécialisée dans les expressions du monde, de la voix parlé au chant. Avec Air, le slameur chantonnant ses refrains devient pleinement chanteur Pour composer il réunit des rythmes de l’Océan Indien, bases pour de chatoyantes mélodies inédites qu’il chante et joue au luth gaboussi et à la harpe dzenzé avec des orfèvres  de la guitare (Hervé Samb) des percussions comoriennes (Mfougoulie Ibrahim), de la basse Reggie Washington et de la batterie (Ulrich Edorh) également responsable du mix limpide. Air, qui est aussi l’occasion d’inviter l’émouvant chanteur occitan Sam Karpienia et le prometteur Marocain Anass Zine à partager le micro sur un hymne à Marseille (Un Sentiment Fort) exprime des messages apaisants ou ses constats sans concession à l’aide de vers méticuleusement choisis.

A côté de ses créations discographiques, Ahamada crée aussi des spectacles pour le jeune public comme  le conte musical “Les chants de la mer“ (2012), le spectacle multimédia “Mtoulou fait son safari musical “ (2015) ou “Kipépéo“ (2017) avec le marionnettiste Yiorgos Karakantzas.

Pour 2022, il prépare, pour le festival de Marseille, la création chorégraphiée “ Sabena“ qui revient sur la folie meurtrière qui éclata en décembre 1976 entre les populations comoriennes et malgaches.

Ahamada Smis est un artiste investi d’une conscience citoyenne et du souci de la transmission et du dialogue A pas de fourmi et humblement, il poursuit un parcours richement atypique qui tente d’éclairer les consciences et d’apaiser les violences du monde réel par la poésie, l’écoute et la mise en valeur des sentiments humains

Discographie

Albums

2013 – « Origines » (Colombe Records/L’Autre Distribution)
2010 – « Être » (Colombe Records)
2003 – « Où va ce monde? » (Colombe Records) Mini album
2002 – « Avec le coeur ou rien » du 3eme Oeil (Colombia)
Un titre 2001 – « Gouttes d’eau » (Colombe Records) – Maxi vinyle

Compilations

2009 – Puissance Rap 2009 (Wagram)
2004 – Stop à l’affront (E-streetz)
2004 – Sur un air positif (Virgin)
2003 – French Connection (Kopfnicker/Pias)

Extraits de l’album « Origines » (2013):

Extraits de l’album « Être » (2010):

Quelques liens:

Page album « Origines » (player et clips)

« Origines » le live (présentation et vidéos live)

Page album « Être » (player et clips)

« Être sur scène » (présentation et vidéos live)